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Secrétaire Général

 

Médecins traitants, non traitants ou mal traitants ?

Pris dans le tourment des validations, accréditations, médecine par les preuves, le doute m’envahit : nos pratiques ne sont-elles pas valides, faut-il y apporter si peu de crédit, les preuves nous font-elles défaut?
Travaillons nous si mal, nous, psychologues ou médecins, que l’on en vient pour ces derniers, généralistes, à en faire de certains des «médecins traitants», les autres devenant par défaut, au mieux des « non traitants », au pire des «maltraitants»?

Il est vrai que l’épreuve (et non «les preuves») du soin nous oblige à nous remettre en cause. La réunion de l’Académie des Sciences Sexologique* (ASS) a été à ce sujet remarquable. Comment ne pas être interpellés par ce raccourci sémantique lorsque l’on qualifie les transsexuels de MF ou de FM. Ainsi ces inclassables, ni homme, ni femme, sont définis (par facilité de compréhension) par un changement de statut de leur sexe (MF : Homme transformé en Femme et FM: Femme transformée en Homme). Mais tout se complique: qu’en est-il de ceux qui ne se transforment pas, sexe de naissance de leur chromosome, apparence recherchée de leur conviction intime, genre civil imposé par les organes de leur naissance ? Qu’en est-il lorsque ces «transformés» gardent avec leur sexe civil assigné avant l’intervention, lorsque après l’intervention, ils restent avec leur partenaire «hétéro» d’avant la transformation devenant alors des «homo» ou restent avec leur partenaire «homo» d’avant devenant après la transformation «hétéro» ? Que dire encore du transsexuel qui vit avec un transsexuel… Ainsi les multiples facettes d’un être nous bousculent dans nos repères, dans nos façons d’appréhender l’être humain, d’autant que, le plus souvent, la conviction d’être un Autre (de l’autre sexe ?) et donc d’occuper sa «place» constitue l’unique revendication du transsexuel. Ne le cachons pas d’ailleurs, le rôle du thérapeute, hormis le dépistage de ceux qui présentent des troubles psychopathologiques, ne consiste souvent qu’à accompagner ou préparer la transformation. C’est pourquoi Didier ERIBON fut passionnant lors de son intervention sur la «théorie Queer» née d’une sorte d’abus de langage à partir d’une conférence intitulée «It’s time to queer theory» par Teresa de Lauretis. Cette «théorie» issue d’une pensée en quelque sorte discursive, si tordue elle peut nous paraître (Queer se traduit par : tordu, bizarre, anormal…), n’en est pas moins séduisante et… dérangeante.

En réalité plus qu’une véritable théorie, il semble s’agir d’une nouvelle posture qui consisterait à ne plus définir un individu par la référence au genre (sexuel). En cela, quoique issu des minorités sexuelles, il s’agit donc aussi d’une déconstruction d’un certain féminisme ou de certaines formes de mouvements identitaires gais et lesbiens. Plus précisément, il s’agirait de tenter de se représenter les diverses sexualités, auparavant considérées comme transgressives par rapport à un modèle fabriqué sur l’hétérosexualité, comme des formes sociales et culturelles en soi.

Abandonnons pourtant les chemins contournés que l’on ne déteste pas prendre pour nourrir notre appétit de savoir pour se tourner vers des approches plus «conventionnelles».

La SFSC organise pendant les Assises de Strasbourg deux séances de FMC pour les médecins. Ces 2 formations donneront lieu à des crédits de formation dans le cadre de la FMC conventionnelle obligatoire.
Il s’agit des premières FMC en sexologie agrées par le FAF réalisées par une Société Savante de sexologie. La participation du plus grand nombre d’entre nous est nécessaire, non pas uniquement pour la formation que nous espérons de qualité mais parce que la formation des sexologues par des sexologues est une des clés de notre reconnaissance… et de notre identité. Il s’agira cependant de trouver également des modes de développement des formations adressés aux sexologues non médecins.

 

Arnaud SEVENE
Directeur d’enseignement au DIU de sexologie de Necker.
Secrétaire Général de la Société Française de Sexologie Clinique

 

*L’ASS est une émanation de la SFSC. Elle organise annuellement une réunion sur un thème méta-sexologique. Elle est réservée aux membres de la SFSC.

 

 

 

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Sexologos N°30

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